NAP Nice Airport Promenade

  • Lieu Promenade des Anglais, Nice, France
  • Stade du projet Étude 2017
  • Programme Construction neuve d'un ensemble mixte comprenant :
    _ Hôtel Hyatt 300 chambres,
    _ Immeuble de bureaux et espaces de co-working,
    _47 logements de fonction pour agents de la DGAC,
    _ Surface commerciale,
    _ Parking commun 350 places,
    _ Aménagement des espaces extérieurs
  • Maître d'ouvrage Bouygues Immobilier
  • Architectes CAB ARCHITECTES coordinateur,
    et architecte des bureaux & logements
    Antoine Neto-Berenguer & Olivier Rigal,
    avec Jade Contesso, Arthur Adam, Jacques Longo, Marion Nicoli
    & Estudio Carme Pinos architectes de l'hôtel
  • Equipe de maîtrise d'oeuvre MILIEU, eco-conception
    BATISERF, structure
    B52, fluides
    MARSHALL DAY, acoustique
    BMF, économie
  • Surfaces 26 000 m² SDP dont :
    - 14 800 m² pour l'hôtel,
    - 7200 m² pour les bureaux,
    - 3240 m² pour les logements,
    - 800 m² pour le commerce
  • Coût 55 000 000 € HT
  • Performances _ CRQE Performant (hôtel, bureaux, logements),
    _ BREEAM very Good (hôtel et bureaux)
    _ NF démarche HQE (bureaux et logements)
  • Images Luxigon
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Un nouveau paysage

Ici nous construisons la ville, mais on ne travaille pas ex-nihilo. On trace les lignes annonciatrices, on crée l’empreinte de la nouveauté, et qui pourtant, poursuit ce qui est déjà-là : l’aéroport, l’Arénas, la voie ferrée, la promenade des Anglais. La mer et la montagne figent le paysage dans l’immuable et l’intemporel : il faut alors, avec justesse et politesse, s’installer dans ce lieu, à la fois nœud et confluence, entrée de ville et signal d’un nouvel urbanisme. Comme un socle majestueux aux collines, la Promenade des Anglais conte l’histoire d’une urbanité plusieurs fois séculaire et qui, comme un road-movie, se déroule depuis les Ponchettes jusqu’aux rives du Var.
Nous y sommes : à notre tour nous devons inscrire le bas relief manquant face à la seconde aérogare française. Placée proche d’une embouchure aux accents de nature et de la mer, frontale et métaphysique, notre posture se veut prête à jouer de ce potentiel paysager et territorial. Nous posons alors comme postulat d’utiliser dans le projet les particularités de ce lieu où la ville se retourne pour devenir une vallée, puis une montagne. C’est un site où il faut à la fois appartenir à la vallée et à la mer… être la représentation d’un univers naturel, où tout est lâche, vaste et cependant poursuivre un front bâti qui fait face à l’horizon.

Un îlot poreux, à l’articulation de deux urbanismes

Le plan général nous parle d’une ville réordonnée, définie. Les îlots, aux géométries claires et affirmées fabriquent un quartier d’où émane un désir d’urbanité. Cette matrice n’est pourtant pas rigide car dans sa philosophie même, elle est attentive au contexte et autorise philosophiquement des réflexions spécifiques. La parcelle est une forme contrainte à la fois par le tracé du tram, par les objets singuliers de l’Arenas et par la Promenade des Anglais. Morphologie résultante au sens noble du terme, notre parcelle se trouve être un lieu majeur de transition et de lien entre un quartier d’affaires au plan organique et un nouveau tracé sous forme d’îlots.
Pour que la ville ne soit pas un collage, il convient que certaines parcelles puissent prendre le rôle de liant, d’articulation pour faire se rejoindre deux manières de faire la ville. Notre parcelle a ce rôle stratégique à jouer, comme une transition, un îlot qui fasse lien entre des géométries opposées : sa composition prend alors en compte cette dualité et apprend à déconstruire le principe géométrique du triangle pour le reconstruire.
Le fil rouge de notre pensée a été d’offrir de l’espace public. Considérant notre parcelle comme le point d’articulation entre un urbanisme éclaté sur dalle et la trame d’îlot fermé du master plan, nous nous sommes positionnés comme la synthèse possible de ces deux visions de la fabrication de la ville.

Des formes « cherchantes » pour révéler toutes les potentialités du site

Nous proposons de fragmenter, modeler la figure de l’îlot triangulaire pour en extraire toutes les potentialités. partant des épaisseurs types des différents programmes, nous procédons alors à un découpage par entités (hôtel-bureaux-logements), puis selon un principe de torsion, de pliage, de creusement, on vient « sculpter » une pièce urbaine, propre à intégrer plusieurs intentions spécifiques : pénétration de la lumière en cœur d’îlot, limitation des vis-à-vis, création d’espaces extérieurs dédiés… En terme opérationnel, il ne nous est pas possible de superposer les programmes : cette solution aurait permis de contourner la difficulté d’avoir à juxtaposer des entités différentes dans un triangle à la géométrie contraignante et de régler le problème de contiguïté, de co-visibilité entre un programme luxueux et un programme domestique. Tous les usages disposés côte à côte sont, au cœur de cette géométrie, difficilement combinables.
De fait nous avons réfléchi à l’implantation de chaque élément du programme de façon spécifique, afin qu’ils puissent avoir de véritables qualités de lumière, de vues, et de sol. L’organisation des masses répond à des enjeux urbains spécifiques pour proposer un environnement de qualité pour chaque entité. La définition de la géométrie de chaque volume est ajustée en fonction de son programme, de sa typologie (épaisseurs) et de ses caractéristiques propres. Le mode d’implantation que nous proposons permet d’éviter les conflits géométriques liés à une emprise triangulaire.

Nous utilisons les resserrements/élargissement, pour distinguer des espaces extérieurs spécifiques et signifiants, appropriables par une population aux rythmes quotidien différents, aux attentes particulières. Ainsi, des parvis, des jardins, viennent habiter les entre-deux, les failles, les interstices et fabriquent des lieux plus intimes ou plus urbains, à l’échelle de chaque programme…
Un cœur d’îlot triangulaire, unitaire, est difficile à partager par des utilisateurs si différents : la diversité des espaces extérieurs que nous proposons, génère des possibilités d’appropriation spécifiques à chaque entité programmatique. En signifiant et qualifiant les vides (parvis et jardins), on assigne ainsi clairement des espaces publics extérieurs aux programmes qui les bordent. Loin d’être l’expression d’un nouveau langage, le plan masse proposé illustre une volonté de diversité, de rupture avec une expression de masse close, de barrière urbaine tout en acceptant la forme du triangle : les volumes créés viennent recoller aux limites, sans faire allégeance à la forme. L’implantation, qui devient autonome par rapport aux alignements et limites parcellaires, dispense des orientations variées spécifiques et inédites. Les bâtiments s’appuient ou quittent l’alignement du triangle pour créer des espaces partagés, et fabriquent l’urbanité et l’aménité de la ville.

L’organisation contrastée en plan est unifiée par l’ordonnancement de l’ensemble des projets (hôtel-logements-bureaux). Les vides générés par la composition permettent de relier la parcelle aux espaces libres situés vers le quartier de l’Arenas (le parc) et vers la Promenade des Anglais. Cette porosité incite à une pratique de la traversée du cœur d’îlot, plus informelle, libre, tout en renforçant le caractère unitaire de l’îlot qui demeure compact et dense. A l’échelle de la parcelle, les vides créent les pleins, comme une évidence volumétrique et urbaine. Le nouveau sol est le liant urbain, car il permet d’alterner rampes douces, légers emmarchements, sente piétonne… Par la répartition des masses bâties, les vides profitent de la course du soleil. les bâtiments correspondant à chaque programme se plient de façon à trouver les positions les plus favorables pour trouver la vue, la lumière, l’intimité. Ce travail spécifique, à la fois sur l’îlot et sur chaque bâtiment permet de venir chercher des profondeurs, des gradations du privé au public. Ainsi, en haut, on habite le paysage, la vue ; en bas on habite les jardins, la ville, l’urbain.
Réinterprétant la tradition de l’îlot à la niçoise (principe de bâtiment linéaires, implantés perpendiculairement à la voie entre lesquels prennent place des jardins d’agrumes partagés et qui sont aussi les entrées), la composition du plan masse crée les conditions de la référence à un patrimoine de grand intérêt et revisite la tradition.