LAC Lycée Albert Camus à Bois-Colombes

  • Lieu Rue Pierre Joigneaux, Bois-Colombes, France
  • Stade du projet Concours 2016
  • Programme Restructuration et extension d'un lycée polyvalent pour extension de capacité à 1470 élèves et création d'un internat avec :
    - Enseignement général, scientifique, technique et artistique
    - CDI et salle polyvalente
    - Vie scolaire
    - Administration et logistique
    - Internat 100 places
    - Logements de fonction
    - Aires extérieurs et stationnements
  • Maître d'Ouvrage Région Ile-de-France
    SAERP mandataire
  • Architectes CAB ARCHITECTES mandataire,
    Jeanne Moullet, avec Maxime le Bris, Oscar Faivre, Alexandre Gosda, Clément Jaglin
  • Equipe de maîtrise d'oeuvre ATELIER ROBERTA paysage
    EXNDO eco-conception
    BATISERF structure,
    INEX fluides,
    THERMIBEL acoustique
    BMF économie
  • Surfaces 13850 m² SDP dont :
    - Restructuration 8 000 m²
    - Extension 3 500 m²
    - Internat 2350 m²
    + 7 500 m² d'espaces extérieurs
  • Coût 31 800 000 € HT
  • Performances Démarche de qualité environnementale avec objectif Basse consommation énergétique
  • Images RSI Studio
  • Maquette Patrice Debois
CAB ARCHITECTES - Lycée Albert Camus à Bois-Colombes (2016) CAB ARCHITECTES - Lycée Albert Camus à Bois-Colombes (2016) CAB ARCHITECTES - Lycée Albert Camus à Bois-Colombes (2016) CAB ARCHITECTES - Lycée Albert Camus à Bois-Colombes (2016) CAB ARCHITECTES - Lycée Albert Camus à Bois-Colombes (2016) CAB ARCHITECTES - Lycée Albert Camus à Bois-Colombes (2016) CAB ARCHITECTES - Lycée Albert Camus à Bois-Colombes (2016)

Réécrire l’histoire

Sur ce site, voisinent des bâtiments qui nous racontent l’histoire du lycée : constructions d’époques différentes, parcelle scindée (collège oblige), protocoles inconfortables d’une pratique quotidienne de l’équipement, image négative de l’établissement dans la ville… Une barre de 190 m de long, souvenir des trente glorieuses, pose la question de son futur écho au rythme répétitif de ses percements…
Le diagnostic est clair et les questions se dessinent. où sont donc l’entrée et le parvis, dont la lecture doit être immédiate dans ce type d’équipement? Quel dialogue urbain est aujourd’hui instauré avec l’équipement public et les avoisinants? Quelle (im)perméabilité mettre en place pour organiser le rythme scolaire quotidien? Quelle renaissance mettre en scène pour que le lycée puisse retrouver sa figure institutionnelle?
Dans ce projet, nous ne parlons pas de réhabilitation, mais de la transformation d’un patrimoine disparate en attente d’une nouvelle cohérence, d’une identité retrouvée.
par une action de densification de la parcelle, une nouvelle géométrie est tracée sur les bases de la préexistence.

Le dedans et le dehors

D’un côté la ville, de l’autre le monde de l’enseignement…
La profondeur de la parcelle nous invite à travailler dans l’épaisseur pour ménager une diversité de séquences qui vont illustrer chaque moment de la vie lycéenne. Les nouveaux espaces extérieurs redéfinis, redessinés, re-calibrés, sont alors la projection spatiale et le prolongement naturel de programmes différents : salles banalisées et enseignement général, CDI, internat, logements…
Des ambiances spécifiques (galerie urbaine, patio planté, cour ombragée, préau protecteur…) vont définir l’univers intérieur du lycée par le biais d’un projet de transformation qui doit renouveler radicalement l’mage et la pratique de l’établissement.
Le nouveau lycée se construit alors autant par ses vides que par ses pleins.

Construire dans le construit

Le projet synthétise un ensemble de contraintes que nous avons dégagées en analysant les potentialités présentes sur le site.
Un des enjeux majeurs est d’insérer dans un cadre existant de nouvelles fonctionnalités sans pour autant perturber la vie de l’établissement.
L’aide à la conception, c’est la prise en compte pragmatique des conditions de site occupé et donc l’économie de temps de chantier afin de réduire drastiquement les nuisances : minimiser le temps passé en préfabriqués, le bruit, les déplacements d’élèves et de classes, réorganiser en une disposition logique et efficace les diverses entités programmatiques.
Enfin, un diagnostic fin, réaliste mais optimiste, doit permettre d’aborder la question de la conservation, de la transformation ou de la démolition.
Travailler avec et dans l’existant, c’est comme agir sur un contexte en soi, une matière à projet qu’il faut « malaxer », au même titre que la forme et la nature du terrain, la topographie…

Morphologie

Nous avons pris le parti, au regard de la morphologie fine et mono-orientée du bâtiment linéaire sur rue, de venir le doubler par une épaisseur de salles banalisées ou non.
En agrafant sur une partie de la « barre » (1/3 étant démoli) un système par éléments bétons préfabriqués, on peut laisser vivre et exister la partie conservée, ne pas interrompre l’enseignement et donc limiter le séjour des élèves dans des bungalows. Cet »acte fondateur » du projet a permis de localiser une surface de programme à priori et donc de laisser libre une aire propre à accueillir d’autres usages.
Arrimée côté rue, la prothèse programmatique, redimensionne l’espace extérieur le long de la voie, recréé un nouveau front animé et découpé, et défini une scénographie d’entrée digne d’une telle institution scolaire.
Se glissant sous la partie « pluggée » à l’existant, glissant après le portail, le nouveau parvis d’angle se métamorphose en galerie couverte à pente très douce. Ce principe d’auvent naturel permet de protéger des intempéries, fait de l’ombre et dans le même temps installe une scénographie douce et progressive vers l’entrée principale et le hall. Ce cheminement tout en aménité urbaine permet de replacer l’accès au centre du bâtiment.
Ainsi ré-axé, le flux des élèves peut se diviser naturellement, répartissant harmonieusement les déambulations internes vers les classes, la cour, le CDI, la demi-pension et l’internat.
Le pli en équerre formé par l’internat vient joindre le CDI et le bâtiment d’enseignement général pour formaliser un patio carré et créer une ambiance particulière pour les internes, un lieu où l’on profite d’une vue sur un espace très arboré, au calme car inaccessible aux lycéens.

Réécrire la ville…

Côté rue une nouvelle volumétrie dessine un skyline urbain, qui laisse réapparaître dans ses creux le bâtiment mère.
l’ordonnancement de l’exo-structure donne à lire sa rigueur construtcive et rythme le bâtiment. La matrice initiale est revêtue de panneaux sandwich isolants en verre émaillé, dont l’assemblage signale la trame structurelle désormais masquée. Cette paroi qui habille aussi la partie nouvelle, apporte un raffinement particulier au complexe structure/vêture issue d’un procédé constructif en béton préfabriqué.
Les programmes d’accompagnement (internat et logements) habitent l’alignement et le gabarit urbain. Leur structure en béton coulé en place vient accueillir des remplissages en bois, soulignant ainsi la différence programmatique.
Depuis le carrefour, face au parvis, s’articulent l’angle et le retournement du projet.
Structuré par les pleins et les vides, le glissement des volumes, les proportions justes, la cohérence retrouvée, l’équipement scolaire peut alors endosser son véritable rôle d’institution.