NIV Logements rue de la Croix Nivert

  • Lieu Rue de la Croix Nivert, Paris, France
  • Stade du projet Concours 2009
  • Programme Immeuble de 120 logements sociaux, crèche collective & commerces
  • Maître d'Ouvrage Régie Immobilière de la Ville de Paris (RIVP)
  • architectes CAB ARCHITECTES mandataires.
  • équipe de maîtrise d'oeuvre BATISERF, structure
    CHOULET, fluides
    BIOTOP, QE
    ARWYTEC, cuisine collective
    BMF, économie
  • surfaces 10 450 m² SHON
  • coût 24 000 000 €
  • performances BBC Effinergie
CAB-NIV-Logements sociaux rue de la Croix Nivert à Paris - 2009 CAB-NIV-Logements sociaux rue de la Croix Nivert à Paris - 2009 CAB-NIV-Logements sociaux rue de la Croix Nivert à Paris - 2009 CAB-NIV-Logements sociaux rue de la Croix Nivert à Paris - 2009 CAB-NIV-Logements sociaux rue de la Croix Nivert à Paris - 2009 CAB-NIV-Logements sociaux rue de la Croix Nivert à Paris - 2009 CAB-NIV-Logements sociaux rue de la Croix Nivert à Paris - 2009

« Juliette et sa maman…

Je suis passée par le parc et la rue Dominique Pado qui est tout près de la nouvelle crèche ; il suffit de traverser la rue de la Croix Nivert. Ce nouvel équipement de quartier m’a soulagée, je peux enfin déposer Juliette en toute sérénité avant de partir en vélib travailler. L’entrée est en face du jardin et je sais que je peux la promener en attendant. J’aime sa nouvelle crèche! Sa façade opalescente, que l’on aperçoit depuis le jardin, laisse deviner l’univers doux et protégé. Elle est spacieuse et claire, plutôt bien conçue : chaque fois que j’entre dans le hall à double hauteur, lumineux, aux tons clairs, mon appréhension retombe et -le coeur plus léger- je peux laisser la poussette dans le local proche de l’entrée. Sous le regard bienveillant de la directrice qui contrôle les arrivées depuis son bureau, je monte vers les sections à l’étage. Ma fille est cette année chez les moyens et les salles d’évolution font face au jardin suspendu, au Sud. Nous déposons ses affaires dans son casier et entrons dans sa section. Je suis toujours rassurée lorsque je vois le coin dodo entièrement vitré et si aisément surveillable. Il fait très beau aujourd’hui, une belle lumière envahit la salle, la terrasse couverte jouant son rôle protecteur. Dehors, les puéricultrices disposent les joujoux sur la cabane dans les arbres comme on l’appelle ici : a cour jardin, accessible par deux galeries couvertes, est un lieu magique pour les enfants. Je peux laisser Juliette qui déjà s’affaire avec des cubes en mousse, et je l’imagine déjà passer sa journée aux multiples moments : les jeux d’eau, les espaces extérieurs protégés d’où l’on peut voir un peu la rue, le cœur d’îlot, le moment du repas dans cette cuisine propre et bien organisée. Longeant la façade de la crèche, je croise des visages familiers…

Marika et moi

Je repoussais les vitrages vers l’extérieur pour que les rayons du soleil viennent réchauffer l’air de la terrasse devant le séjour. En cette matinée de printemps, le temps était encore frais et nous profitions encore du système ingénieux imaginé par les architectes sur nos balcons : des brises vents pivotants en verre teinté associés à des stores coulissants verticalement nous permettaient de doser à notre guise les apports thermiques et les déperditions en hiver. En plus, ce dispositif autorisait des scénarios différents d’occupation et d’usage du généreux prolongement extérieur qui accompagnait notre T3 : le partitionnement à la carte, je devrais plutôt dire « à la trame », définissait tantôt une zone séchoir, tantôt une zone repas à l’abris des regards.. et il y avait même la place de poser mon vélo. Cela faisait quelques mois que nous habitions rue de la Croix Nivert et chaque jour m’apportait surprises et satisfactions : les dimensions et l’organisation de l’appartement rendaient la vie facile. Sa forme en longueur, loin d’être un handicap, offrait un plan simple et efficace, et notre séjour était à double orientation. Les autres logements n’étaient pas plus mal lotis ; j’avais pu visiter les T4 et les T5 et en effet tous étaient soit traversants, soit à double orientation. Les concepteurs ont su jouer de la forme du terrain et des règlements pour multiplier les possibilités et les vues. En plus, tous les logements avaient une grande terrasse loggia proportionnelle à leur taille! Certains, que j’appréciais particulièrement, bénéficiaient d’une baie vitrée ouvrant vers les failles et offrant ainsi des vues complémentaires étonnantes. Mais ce qui est remarquable, c’était la qualité d’isolation thermique et phonique entre logements et avec l’extérieur. Notre bailleur social avait d’ailleurs fait aux nouveaux arrivants une présentation des atouts de la résidence à peine livrée, en présence des architectes. Le système constructif avait permis un chantier limitant les nuisances : j’avais cru comprendre que nos logements étaient comme des boîtes indépendantes et performantes incrustées dans la structure en béton!
Marika ferma la porte palière. De notre couloir éclairé naturellement, on pouvait voir nos voisins sortir eux aussi de chez eux dans l’autre bloc. Les baies vitrée à chaque extrémité créaient une continuité et une proximité visuelle, et pourtant chacun était chez lui! Finalement dans cette résidence, on vit à la fois ensemble et séparement, dis-je à ma compagne. Sur le pas de l’immeuble, Marika me fit remarquer que la crèche était en fonctionnement depuis deux mois et que la coexistence était parfaite. Astucieusement insérée dans l’ensemble avec sa cour lovée dans le coeur d’îlot, sa présence reste discrète. Tu savais qu’elle produisait de l’énergie? Je crois qu’on dit qu’elle est positive? En effet j’avais entendu parler des panneaux photovoltaïques sur nos toitures qui rendaient cet équipement de quartier autonome en termes de dépense d’énergie. Nous avions, par ailleurs, notre potager au sixème.. Se croiser en jardinant était une véritable occasion de sociabilisation avec ceux qui, comme nous, habitaient la résidence. Cultiver ses poireaux en voyant les toits de Paris était un luxe. J’enviais toutefois un peu les occupants des dupex qui habitaient de véritables villas en villes, capotées de liteaux de bois.
Nous sortîmes de la résidence par la grande faille qui signale notre immeuble depuis le parc après que Marika eut récupéré son vélo sous la cour de la crèche. Cette césure dans l’alignement de la rue m’a toujours interpellée depuis notre emménagement car elle marque la séparation entre nos trois blocs et s’intègre parfaitement dans la continuité urbaine. Ce qui est surprenant c’est que la division en trois entités indépendantes n’a pas altéré le sentiment de cohérence et d’unité qui se dégage de l’ensemble. Je ne ma lassais d’ailleurs pas de contempler les façades et les volumes de notre résidence, se posant délicatement sur la devanture filante des commerces, véritable plinthe urbaine, raccordant au sol la façade rigoureusement tramée de multiples potelets en béton clair. Du côté du carrefour, la composition des volumes entrait bien en résonance avec les petits pavillons de la RATP, rappelant leur finesse.
J’aurais du être architecte me dis-je! »