GPM Equipements de quartier la Gavotte à Pennes-Mirabeau

  • Lieu Les Pennes-Mirabeau, France
  • Stade du projet Concours 2016
  • Programme Aménagement durable du secteur de la Gavotte et construction de 4 équipements publics :
    - la "boîte à idée" : médiathèque, auditorium, formation, activités corporelles, ateliers, ludotèque, fablab ;
    - un pôle multi-accueil petite enfance ;
    - un groupe scolaire 15 classes
    - un restaurant intergénérationnel
  • Maître d'Ouvrage Ville des Pennes Mirabeau
  • Architectes CAB ARCHITECTES mandataire,
    Olivier Rigal, avec Léa Barani, Daphné Catton, Jade Contesso, Théophile Corbier, Julien Douillet Maxime Lebris, Colomban de Mascarel
  • Equipe de maîtrise d'oeuvre EXNDO STUDIO, eco-conception
    ATELIER ALTERN, paysagistes
    ERIC BENQUE, design
    BATISERF, structure
    B52, fluides
    MARSHALL DAY, acoustique
    IXANS, OPC
    GAMMA CONCEPTION, cuisine
    BMF, économie
  • Surfaces 12 000 m² SDP
  • Coût 12 990 000 Euros HT
  • Performances Démarche BDM niveau Or
  • Images SBDA (perspectives)
    Victor Marqué (croquis)
CAB ARCHITECTES-GPM-CONCOURS 2016 CAB ARCHITECTES-GPM-CONCOURS 2016 CAB ARCHITECTES-GPM-CONCOURS 2016 CAB ARCHITECTES-GPM-CONCOURS 2016 CAB ARCHITECTES-GPM-CONCOURS 2016 CAB ARCHITECTES-GPM-CONCOURS 2016 CAB ARCHITECTES-GPM-CONCOURS 2016 CAB ARCHITECTES-GPM-CONCOURS 2016 CAB ARCHITECTES-GPM-CONCOURS 2016

D’abord programmer… 

C’est par là que tout commence… Par une programmation innovante, astucieuse, on peut recréer un morceau de ville : partant du « déjà-là » -un ensemble de bâtiments scolaires au devenir incertain-, la réflexion est menée pour scénographier la renaissance d’un quartier.
La vertueuse volonté de signifier une nouvelle polarité, proche de la centralité existante, génère la rencontre avec les qualités paysagères et topographiques d’un site. Tout est rassemblé pour fonder un lieu de rencontre et d’échange, multi-usages, porteur d’aménité et d’intensité urbaine. Deux versants se font face avec au cœur une petite vallée, une route. Les pentes forment comme une conque qui induit un rapport de frontalités des entités existantes ou futures, les mettant ainsi en tension. Les objectifs de concentrer les équipements scolaires dans une logique de compacité, de mélanger des programme utiles et ludiques, citoyens et conviviaux, vont autoriser par retour la genèse d’une architecture qui recréer le lien, qui unifie et qui stimule la pratique de la ville. Cet éclatement programmatique est juste, car il conduit à concevoir et poursuivre un petit bout de tissu discontinu, par analogie à la fragmentation indigène : la ville suburbaine.

… Ensuite rêver…

Le découpage en deux parcelles séparées par une voie publique, provoque indubitablement l’idée d’un regard croisé, d’une double installation territoriale en face à face. Il s’agit d’une mise en scène cruciale car elle vise à réordonner un lieu, à lui apporter une nouvelle logique. Notre carte mentale nous incite à penser que c’est par la figure nette que naîtra la cohérence d’ensemble. Sur la base d’un dialogue synthétique entre géographie et géométrie, le projet se constitue dans un esprit de clarté et de correspondances subtiles. Deux cloîtres sont placés en vis-à-vis. La confrontation de ces deux cubes creusés génère un rapport de mise en situation topologique. « Acropole inversée »? C’est l’espace public qui fera le lien entre les nouveaux « temples » laïcs, posés sur les collines. La cité attend son agora, lieu d’une nouvelle génération citoyenne, friande d’échanges, de rencontres et de pratiques urbaines ludiques.

… Puis agir…

On respecte le positionnement des entités fonctionnelles, la répartition des programmes proposés dans le cahier des charges et les démolitions suggérées. Nous fondant ainsi sur le « déjà-là », on laisse à la préexistence la règle de départ. Le bâtiment conservé, qui abritera désormais les classes de l’école maternelle, sera la première pierre.
De ce postulat découlent des  conséquences :
_ Cet ancrage conditionne une côte d’implantation,
_ Les limites cadastrales induisent une géométrie,
_ Les vues dégagées vers le paysage alentour incitent à ménager des dispositifs spécifiques,
_ La surface de la cour de récréation, qui reste une contraintes majeure, doit être d’un seul tenant.
La morphologie du cloître s’impose alors comme la synthèse des différentes questions/réponses que posent le site et le programme. Inscrits dans un carré pur, creusé en son centre, ancien et nouveau, les espaces de l’école primaire recomposent une entité compacte et unie. Au cœur du système la cour qui glisse vers le Sud, est enjambée par une aile de bâtiment, préau naturel qui cadre la vue vers l’horizon provençal.
En écho au carré creusé, par-delà la dépression et la route, sa figure jumelle trouve son évidence. Des dimensions identiques, son centre évidé par un patio, la « boîte à idées » est le pendant ludique à la petite cité scolaire. Si cette dernière est posée sur son sol, la première -soumise aux exigences d’écoulement- sera décollée du terrain puis sculptée par la pente et le dénivelé. A la fois proches et dissemblables ces deux entités programmatiques majeures entrent en dialogue, balisent les deux parcelles opportunément réunies, et « font projet ».
Cet acte fondateur des deux carrés creusés qui se contemplent, légèrement désaxés l’un part rapport à l’autre, est la bsae d’un renouvellement urbain, qui va pouvoir intégrer pôle petite enfance et restaurant intergénérationnel.
Un passerelle, à la dimension tant d’usage que symbolique, vient compléter cette petite « pièce urbaine », à la composition souple et rigoureuse à la fois. Acte architectural et urbain, elle franchit hardiment un « Rubicon », endroit autrefois générique devenu un nouvel espace public repensé, redimensionné, relocalisé. Ce modeste ouvrage d’art renforce ainsi le lien et l’unité de ce site transformé. C’est désormais un lieu apaisé car les voitures s’y garent sans nuire, les enfants y jouent sans danger, et les grands s’y retournent volontiers.